Juin 2022 : Les rendez-vous

Par . Publié le 01/06/2022



Rencontres chorégraphiques internationales

La conque est un coquillage considéré comme l’un des plus vieux instruments de musique à vent. En espagnol, sa traduction – concha – signifie à la fois la conque, une insulte et un mot d’argot qui désigne le sexe féminin. Prenant cet objet comme totem polysémique, la danseuse et chorégraphe Marcela Santander Corvalàn, la comédienne et professeure d’histoire de l’art Hortense Belhôte et le·la musicien·ne et performer·euse Gérald Kurdian posent les bases d’un imaginaire collectif autour de la notion d’écoute. Comment créons-nous des espaces d’écoute collective ? Comment mettons-nous nos corps à l’écoute ? Croisant leurs pratiques, leurs disciplines et leurs histoires intimes respectives, les trois artistes imaginent une conférence-performance, fruit de leurs échanges sur l’art et le féminisme. CONCHA – Histoires d’écoute est présenté les 3 et 4 juin au Théâtre l’Échangeur à Bagnolet dans le cadre des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.

Festival Et 20 l’Été

Avec sa dernière création Le Tir Sacré, Marine Colard joue avec la musicalité et les excès du commentaire sportif pour parler de la passion, de la performance poussée à l’extrême, des fortes émotions qui nous traversent face aux victoires et aux défaites. Soutenue par des commentaires sportifs souvent exaltés, la chorégraphe décompose le mouvement, le dissèque pour mieux le donner à voir. Marine Colard accompagnée sur scène d’Esse Vanderbruggen signe avec Le Tir Sacré une pièce aussi rigoureuse que savoureuse se jouant des partitions sportives démesurées. Le Tir Sacré est présenté le 25 juin au Square Réjane dans le cadre du festival Et 20 l’Été à Paris.

Festival Uzès danse

À quoi appartient-on ? Qu’est-ce qu’on défend ? Comment se positionne-t-on ? Comment se projette-t-on ? En prenant sa relation au Liban, dont elle est originaire, comme le moteur de réflexion, Danya Hammoud interroge son rapport à une mémoire, à une histoire, à partir de ses propres rêves. À travers la retranscription et l’étude de ses souvenirs et de ses rêves, la chorégraphe imagine un espace de fiction qui se fait l’écho de « ce qu’on vit collectivement et de l’état de notre monde actuel ». À partir d’un entrelacs de textes et de sons, elle nous entraîne dans une réflexion sensible sur notre monde instable tel qu’elle le perçoit aujourd’hui. Danya Hammoud présente sa nouvelle création Devenir crocodile le 17 juin au festival Uzès danse.

Camping au CN D

Comment dire ce qui est lorsqu’on se trouve dans le flou ? Comment mettre les mots justes sur ce que l’on ressent quand le présent est coincé entre un sentiment de deuil vis-à-vis d’un passé révolu et un futur incertain ? En solo, Katerina Andreou partage dans Mourn baby mourn des questions qui la hantent, et cherche par les mots et le corps à travailler à partir d’un sentiment de confusion toute contemporaine. Frustration, tristesse et colère sont ici autant de nuances d’une inquiétude qui devient le moteur même d’une remise en mouvement, pour pouvoir taper à nouveau du pied et reprendre de l’élan. Katerina Andreou présente Mourn baby mourn les 13 et 14 juin au CN D Pantin dans le cadre des Rencontres chorégraphiques et du festival Camping.

Extension sauvage 

Avec sa nouvelle création Jardins, la chorégraphe et plasticienne Pauline Brun sort de la boîte noire et du white cube. Avec ce projet chorégraphique pour jardins et un groupe de performeur·euses in situ, l’artiste explore les usages que nous faisons des jardins publics, les détourne, ouvre par le non-sens de nouveaux imaginaires fictionnels. Convoquant l’absurde, le burlesque, il s’agit de questionner par cette proposition nos pratiques de ces espaces de nature architecturée. Jardins est présenté le 25 juin à Combourg, dans le cadre du festival Extension Sauvage. 

Rencontres chorégraphiques internationales

Corps sonores est une installation à la croisée de l’art vivant et du soin. Pensée par le danseur et masseur Massimo Fusco, cette expérience immersive engage physiquement les participant·e·s qui, installé·e·s sur de grands coussins, sont à la fois touché·e·s par les vibrations d’un bain sonore, par des paroles entendues au creux de l’oreille, par la possibilité d’un massage et celle d’être témoins d’une danse. Dans un espace partagé, la dimension chorégraphique met ici en circulation intimité et tissu collectif, pour un moment où le corps est au cœur des attentions. Massimo Fusco présente Corps sonores le 11 juin à Mains d’Œuvres dans le cadre des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.

Photo Mourn Baby Mourn © Hélène Robert


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