Émilie Rousset & Maya Boquet, Reconstitution : Le procès de Bobigny

Propos recueillis par . Publié le 01/02/2021



Le procès de Bobigny, à l’automne 1972, marqua une étape essentielle dans la lutte des femmes en France pour obtenir le droit à l’avortement. Avec leur spectacle Reconstitution : Le procès de Bobigny, Émilie Rousset et Maya Boquet s’emparent de cet événement historique et mettent en scène une quinzaine de récits de témoins de l’époque et de penseur·se·s d’aujourd’hui. A travers cette collection de paroles transgénérationnelles, cette proposition théâtrale – au-delà d’offrir de précieux témoignages autour des réflexions et combats féministes de l’époque – saisie par sa pertinence avec le présent et la résurgence du droit et l’accès à l’IVG dans les débats politiques et sociaux actuels.

Reconstitution : le procès de Bobigny s’inscrit dans la continuité de votre recherche entamée en 2014 avec Les Spécialistes. Qu’est-ce qui vous a motivé à développer cette première forme ?

Émilie Rousset : Les Spécialistes était au départ une commande du Grand Palais dans le cadre de la sixième édition de Monumenta avec les artistes Ilya et Emilia Kabakov. Cette pièce devait initialement prendre la forme d’une performance, uniquement exécutée dans le cadre de Monumenta. Finalement, c’est devenu un dispositif que nous réécrivons et que nous adaptons au fil des invitations. En fonction des lieux et des thématiques proposés, nous avons écrit une quinzaine de versions des Spécialistes. Dans ce dispositif, des comédien·ne·s restituent au micro la parole de spécialistes que les spectateur·rice·s peuvent écouter en direct muni·e·s de casques. Ces paroles issues d’interviews de spécialistes changent donc à chaque fois, en fonction du contexte d’accueil. La commande est toujours un moteur surprenant, ça nous a mené à des rencontres imprévisibles. Nous avons interviewé un vendeur spécialiste des poivres, un linguiste, un faussaire, des philosophes, un archéologue sous-marin, un politologue, une géographe de l’espace, etc. Travailler avec un sujet de commande, c’est accepter une part de hasard dans la création. C’est aussi repousser les limites de ses propres aspirations et intérêts. Avec Reconstitution : Le procès de Bobigny, nous avions avec Maya eu envie de faire évoluer ce qu’on avait inventé avec Les Spécialistes.

Maya Boquet : Se passer notre propre commande, c’était aussi penser une relation entre tous les discours et non plus avoir des fragments de connaissances ou d’expériences isolés les uns des autres. Nous voulions que toutes les paroles convergent vers un même point central, un même événement sur lequel chaque personne interviewée  reviendrait à partir de son expérience. Nous souhaitions aussi développer l’exercice de l’enquête et restituer ce travail d’investigation comme nous le vivions, c’est-à-dire en accumulant des fragments de témoignages et en progressant par rebond. C’est en nous penchant vers les reconstitutions juridiques que nous avons trouvé des résonances avec notre travail. Lors d’un procès, l’événement initial est rappelé par bribes – des récits, des preuves, des arguments – et est sans cesse en train de se re-raconter  par l’apport de ces nouveaux matériaux.

Émilie Rousset : Intituler la pièce « Reconstitution » était aussi une manière d’interroger la représentation théâtrale. Dans Reconstitution : Le procès de Bobigny, on ne représente ni les costumes, ni les décors, ni les personnages du procès de 1972. L’ambition était que chaque spectateur·rice ressorte avec sa propre reconstitution mentale de cet événement historique.

Maya Boquet : Oui, nous avons imaginé cette « reconstitution » à partir des détails oubliés au lieu d’en proposer une reproduction en quête de vérité et d’authenticité. Nous avions en tête  The Battle of Orgreave de Jeremy Deller. Il s’agit d’une performance grandeur nature dans laquelle l’artiste cherche à reproduire une bataille entre mineurs et policiers qui s’est déroulée en 1984 dans le nord de l’Angleterre, sous le gouvernement Thatcher. Parmi les centaines de participants amateurs se trouvaient des anciens mineurs et policiers qui ont réellement pris part à cette manifestation. Le point fort de cette reconstitution réside justement dans le fait que Deller a interrogé et filmé ces protagonistes sur leurs propres souvenirs. Des souvenirs par définition fragmentaires mais qui constituaient la base essentielle et polémique du travail de reconstitution. Cette approche nous a fortement inspirées : restituer un événement à travers les paroles d’une poignée de protagonistes, avec plusieurs points de vue qui s’opposent, et ainsi revenir sur l’Histoire officielle. 

Comment votre intérêt s’est-il arrêté sur le procès de Bobigny ?

Émilie Rousset : A la lecture de la sténotypie des débats du tribunal de Bobigny, nous avons découvert une archive exceptionnelle par sa densité et la qualité des propos recueillis. Nous retrouvons à la barre Simone de Beauvoir, des médecins prix Nobel de biologie, des artistes comme Delphine Seyrig ou Françoise Fabian, Michel Rocard, la directrice du planning familial… Viennent également témoigner des militantes et des femmes de tous horizons qui racontent leurs expériences de maternité ou d’avortement. Et puis il y a les plaidoiries de Gisèle Halimi et celle des autres avocates féministes comme Monique Antoine. Elles sont brillantes, ont le sens de la formule et de l’humour. L’ensemble de ces prises de paroles replace avec précision les enjeux historiques du débat et sa nécessité. L’enjeu était quand même de sauver des vies, d’arrêter les souffrances et les injustices insoutenables. Il y avait aussi une aura particulière autour de cette archive. Habituellement, les notes des greffier·ière·s restent à la seule disposition des magistrat·e·s. En France, les procès ne peuvent être ni filmés, ni enregistrés. A l’époque, il y a avait en plus un interdit spécifique sur la diffusion de ce qui traitait de l’avortement. Cette publication a été un acte militant de la part de de l’association Choisir (association féministe fondée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, peu après la publication du Manifeste des 343, ndlr.).

Maya Boquet : C’était aussi à nos yeux un événement qui avait fait date et qui pourtant n’avait peut-être pas assez marqué les mémoires. On se souvient bien de 1975 et du vote de la loi Veil, mais moins de ce qui s’est passé avant et des différentes luttes qui ont abouti à cette modification de la loi de 1920. Nous voulions revenir sur cette époque charnière dans l’histoire des mouvements féministes et le faire avec certain·e·s des protagonistes encore vivants qui pouvaient témoigner. Nous avions ici l’occasion d’archiver des paroles de témoins direct·e·s, de collecter des traces, de faire entendre les sources précieuses que sont les souvenirs de militant·e·s.

Émilie Rousset : Ce n’est pas un hasard si la metteuse en scène Pauline Bureau se soit également emparée de cette archive pour créer Hors la loi (à la Comédie- Française, ndlr.) la même année que nous. Je pense qu’on a besoin de réentendre cette histoire pour comprendre mieux la nouvelle vague féministe qu’on est en train de vivre aujourd’hui. Dans une tribune récente publiée dans Le Monde, Christine Delphy (Sociologue, co-fondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF), chercheuse au CNRS dans le domaine des études féministes et études de genre, ndlr.) écrit à propos des militantes de sa génération : « Il y a des thèmes que nous n’avions pas abordés, parce que nous n’osions pas, je crois. Par exemple dénoncer le harcèlement sexuel, c’est nouveau ça. Nous ne voyions pas de façon d’attaquer ça, comme si ce n’était pas assez grave, que c’était une fatalité, que nous ne pouvions rien faire. » On peut alors comprendre la difficulté de ce que la nouvelle vague féministe est en train d’accomplir. Lors de notre rencontre avec la journaliste Claude Servan-Schreiber, cette dernière nous disait se rendre compte que les féministes de sa génération avaient revendiqué le droit à ce que leur corps n’appartienne plus à la patrie (maintenir le taux de natalité c’était aussi garantir un nombre de soldats et d’électeur·rice·s) alors qu’aujourd’hui cette même revendication à disposer librement de son corps s’est déplacée sur un champ plus intime. C’est cette évolution des idées, des acquis et des revendications qu’analyse très bien la philosophe Camille Froidevaux-Metterie. Son entretien est un texte important dans la construction de notre pièce car son travail permet de comprendre précisément le lien et l’évolution entre les luttes d’hier et celles d’aujourd’hui.

Le contexte actuel, autour de la libération de la parole des femmes, a donc motivé votre choix ?

Émilie Rousset : Je ne dirais pas que la libération de la parole des femmes a motivé notre choix de faire cette pièce, je dirais plutôt que le contexte a permis de faire cette pièce. Une prise de parole en permet d’autres. C’était juste plus simple de faire cette pièce aujourd’hui qu’il y a dix ans. Je ne parle pas d’un effet de mode qui permet de monter une production, je parle de verrous intimes et collectifs qui ont sauté. Se définir comme féministe ou faire un travail sur le féminisme est moins stigmatisant aujourd’hui. Il y a de plus en plus de femmes qui s’expriment, de plus en plus d’hommes qui sont pro-féministes. C’est loin d’être gagné, mais je crois qu’il y a peu à peu une prise de conscience collective. 

Maya Boquet : Pour ma part, c’était dans la lignée des problématiques qui ont toujours été au cœur de mes pièces. Que ce soit dans mes premières mises en scène, Médée- Matériau d’Heiner Müller, Concert à la carte de Franz Xaver Kroetz, ou bien dans la création de Radio Femmes Fatales en 2010, (collectif fondé avec l’artiste Lenka Luptakova, présentant des performances radiophoniques en direct et en public et diffusées en simultané sur une radio locale, ndlr), il était toujours question de « féminisme ». Travailler sur le procès de Bobigny, c’était un continuum et l’occasion de reposer des questions historiques, en appeler à la mémoire pour mieux cerner ce qui nous a été transmis. De quoi hérite-t-on, et qui sont les femmes ou les mouvements qui nous ont permis d’avancer à notre tour sur ces questions de droit sociaux ?

La sténotypie des débats du tribunal a-t-elle induit votre dramaturgie ? 

Émilie Rousset : Cette archive dépassait la simple question de l’avortement et catalysait énormément de réflexions sur le corps et le statut de la femme dans notre société. Nous avons essayé de creuser ce que nous avions ressenti à sa lecture : rendre visible un réseau de pensées et d’actions militantes qui dépassent l’événement du procès de Bobigny. C’est l’histoire collective, le ton d’une époque et ce qu’elle nous raconte d’aujourd’hui qu’on a cherché à saisir. Très concrètement, notre processus a été de déplier cette archive. Nous prenions un fragment qui nous semblait important et à partir de là nous allions à la rencontre de témoins de l’époque et de penseur·se·s d’aujourd’hui. 

Maya Boquet : C’est une dramaturgie en constellation. Chaque rencontre a été déclenchée par la découverte d’arguments clefs qui apparaissent pendant le procès. Par exemple, dans sa plaidoirie, Gisèle Halimi dénonce les conditions sanitaires dans les DOM-TOM et la politique à deux vitesses mise en place par Michel Debré concernant la contraception et l’accès à l’avortement. Alors que c’était interdit et condamnable en France métropolitaine, on pratiquait des stérilisations forcées à La Réunion et en Guyane. Pour en savoir plus sur ce sujet peu connu dans l’histoire française, nous avons rencontré Myriam Paris qui a fait sa thèse sur les mouvements féministes à La Réunion. Il était essentiel, pour comprendre l’ampleur de cet évènement, de rendre compte des incohérences politiques, sanitaires, économiques et sociales de l’époque. À l’image du travail rigoureux de Gisèle Halimi et de l’association Choisir. C’est aussi une dramaturgie qui glisse sur une ligne de temps, il y a des allers retours constants entre plusieurs périodes, des mises en perspective temporelles et géographiques. Je pense au témoignage de Marie Bardet, qui vit en Argentine et qui fait le récit de sa lutte dans un pays où l’accès à l’avortement est encore interdit. Nous sommes en 2018, en Argentine, et pourtant cette histoire ressemble énormément à celle du début des années 70 en France.

Contrairement aux Spécialistes, la matière des interviews, ici, n’est plus celle de spécialistes. De quelle manière avez-vous décidé, ici, de mettre en avant une parole plus subjective de ’’citoyen·ne·s’’ ?

Émilie Rousset : J’ai le sentiment que ce type de parole est inhérent au sujet. Nous n’avons rencontré que des personnes militantes, des personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour faire avancer ces luttes. Nous étions nous-mêmes en pleine réflexion et cheminement sur ces sujets. Nous avons d’ailleurs aussi réalisé, au fil des entretiens, que les interviewé·e·s parlaient toujours à travers des expériences très personnelles. Parler de l’avortement, c’est parler de sexualité, d’intimité, de rapport à l’autre, de rapport à son corps, à ses désirs de vie. Beaucoup de témoins de l’époque ont aussi traversé des expériences traumatisantes d’avortement clandestin ou ont assisté à des tragédies. Le sujet amène tout de suite des considérations politiques, éthiques et intimes.

Maya Boquet : En réalité, nous avons un grand nombre de spécialistes dans cette pièce mais la manière dont nous les avons interviewé·e·s rendait le témoignage plus intimiste, plus subjectif, plus personnel. Pour Les Spécialistes nous avons dû parfois mener des entretiens par Skype ou par téléphone et nous avions constaté que les échanges étaient alors souvent plus soignés, plus machinaux. Pour Reconstitution : le procès de Bobigny, nous voulions être en présence de tou·te·s nos interlocuteur·rice·s. La plupart des interviewé·e·s nous ont reçu chez eux·elles, sans que nous n’intervenions sur la durée de l’échange et sans que nous donnions une orientation à leurs propos. Nos conversations à bâtons rompus permettaient de faire un récit personnel, raconté très librement. L’histoire que nous écoutions laissait place aux hésitations, aux précisions, aux répétitions, aux silences, aux détails oubliés, à l’aspect lacunaire de la mémoire vive. Ce sont des paroles vivantes que nous avons donné à entendre. Et ces entretiens interrogent la place de la parole dans la transmission des savoirs.

Votre sélection forme un ensemble hétéroclite de témoignages, des témoins direct·e·s, indirect·e·s, mais aussi des personnes qui n’étaient même pas nées à l’époque du procès… Quels sont les enjeux et les effets de mettre en perspective ces différentes paroles ?

Maya Boquet : Pour nous, il n’y avait pas de hiérarchisation dans l’importance des discours. Certains sont des témoignages directs, d’autres des études précises sur l’une des problématiques que soulevait le procès, d’autres encore des expériences de luttes actuelles. Nous souhaitions avant tout questionner cette archive à partir de notre présent, tout en sachant que les paradigmes scientifiques et politiques ont changé. Cette combinaison de témoignages de temporalités hétérogènes permet de porter un regard critique sur le présent par le biais de l’histoire… Et c’est assez déroutant de constater que tous ces récits résonnent encore avec notre actualité et à quel point ce sujet de l’avortement anime toujours le débat politique contemporain. La liberté de disposer de son corps pose toujours autant problème. Pour preuve, la situation actuelle aux Etats-Unis avec la crainte qu’une majorité conservatrice à la Cour suprême remette en cause le droit à l’avortement ou encore en Pologne où la Cour constitutionnelle de Varsovie vient de voter la quasi-interdiction du droit des femmes à l’IVG.

Émilie Rousset : La sélection des discours et leur mise en rapport est un point primordial de l’écriture de la pièce. Nous avons essayé de créer des effets d’écho et de ricochets entre les témoignages. Nous avons fait attention à ce que l’histoire se complète, se contredise ou s’accentue d’une parole à l’autre. L’idée était de former une vision kaléidoscopique, complexe et vivante. C’est aussi l’idée que la pensée ne se forme que dans un réseau et par interconnexions.

Une grande partie de la tournée de Reconstitution : le procès de Bobigny a été annulé à cause de la crise sanitaire. Le confinement a-t-il provoqué de nouvelles questions ou réflexions ? Vous a-t-il amené à reconsidérer votre pratique ? 

Emilie Rousset : L’économie mondiale a été mise en pause, ça a des conséquences dramatiques mais c’est aussi quelque chose qui était totalement inimaginable. J’ai envie de croire que ça ouvre une brèche et de croire en l’idée qu’une réorganisation de la société et de l’économie serait possible. Des images étranges me restent en tête, des images de science-fiction devenues réalité : la police qui demande des autorisations pour aller chercher son pain, les batucadas aux fenêtres, les combinaisons intégrales à l’aéroport, le contrôle de température à l’entrée des établissements. Je pense à une phrase du film Alphaville, cauchemar futuriste de Jean-Luc Godard : « C’était ma première nuit à Alphaville, il me semblait déjà qu’une longue suite de siècles l’avait précédée ». J’ai eu cette sensation d’irréel mêlée au sentiment étrange de déjà vu. Comme si on était peut-être déjà là avant d’y être. J’ai été sidérée par l’organisation coûte que coûte du premier tour des municipales. Ça résonnait tristement avec le film que je suis en train de terminer avec Louise Hémon. On y montre des hommes et des femmes politiques qui continuent le débat pour une élection alors que le climat se dérègle autour d’eux·elles et qu’il n’y a déjà plus beaucoup de traces de vie sur Terre. J’ai aussi continué de suivre les associations féministes et j’ai écouté avec terreur les chiffres qui révèlent l’augmentation des violences intrafamiliales pendant le confinement. J’ai été frappée par la campagne des mères allemandes sur Twitter sous le hashtag #CoronaElternRechnenAb. Plusieurs milliers de femmes ont envoyé leurs factures au gouvernement en dénonçant la charge domestique supplémentaire en raison de la fermeture des crèches et des écoles. C’est exactement ce que fait Simone de Beauvoir lors son témoignage au procès de Bobigny. Elle chiffre le travail domestique gratuit produit par les femmes et sur lequel repose toute la société. Des études américaines ont montré que la charge domestique et celle liée aux enfants avaient été réalisées à 75% par les femmes pendant le confinement. La philosophe Sandra Laugier élabore un continuum entre le travail domestique gratuit prodigué par les femmes et le fait que les métiers du « care », souvent féminin et si essentiel pendant le confinement, sont complètement sous-payés.

Maya Boquet : Le confinement n’a pas été qu’une parenthèse, avec un retour « à la normale » après. Aujourd’hui, nos pratiques sont directement touchées par cette distanciation sociale qui perdure et nous oblige à repenser notre travail. Et nous ne pouvons pas encore ni faire de bilan, ni prétendre à un renouveau, puisque nous n’en sommes pas encore sorti·e·s. Je ne sais pas encore comment le confinement a bouleversé ma pratique. Bien sûr, nous observons tou·te·s que l’état du monde se modifie à grande allure. Et nous avançons tou·te·s à l’aveugle. Alors comment allons-nous pouvoir continuer à exercer notre travail ? Comment allons-nous pouvoir inventer des formes, mettre sur pied des projets visibles et soutenus ? Où allons-nous pouvoir nous réunir ? Les grandes villes semblent être devenues les endroits les moins propices à la liberté de créer, de s’exprimer ou encore de se réunir. On observe aujourd’hui que ce sont les drones et la police qui occupent majoritairement le terrain et assurent le spectacle. [Propos recueillis en septembre 2020]

Vu au T2G – Théâtre de Gennevilliers dans le cadre du Festival d’Automne à Paris. Conception et écriture Émilie Rousset et Maya Boquet. Mise en scène et dispositif Émilie Rousset. Avec 15 interprètes. Dispositif vidéo Louise Hémon. Dispositif lumière Laïs Foulc. Dispositif son Romain Vuillet. Dramaturgie Maya Boquet. Photo © Philippe Lebruman.


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